Necron superstar...

Publié le par mathurin4

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De retour parmi les vivants

Necron est à la BD ce que Polyester (de John Waters) au est au cinéma ! Du mauvais goût assumé et hilarant...Ceci dit, Necron est bel et bien (entre autre) une BD pornographique, qui se doit donc d'être caché de la vue du jeune public et des individus les plus prudes...

Necron est l'oeuvre de Magnus, dessinateur et pornographe italien de son état, que les français ont croisé dans l'écho des Savanes dans les années 80 avec les 110 Pilules (en version light, réédité plus tard chez Albin Michel). Necron est d'abord sorti en petit format en Italie et en France (également chez Albin Michel) dans les années 80. Profitant de l'actuel regain d'intérêt pour la BD dite érotique (en réalité la plupart du temps franchement porno), les éditions Cornelius ont eu la riche idée de rééditer l'intégralité (dont 2 inédits en France) de la série en 7 volumes dans la collection Paul.

Necron superstar

Necron nous propose de suivre l'itinéraire sanglant de la doctoresse Frieda Boher, une cruella nécrophile, affublé d'une sorte de Frankestein, lubrique et cannibale, doté d'un "engin" à la mesure de sa bêtise...et qui répond au doux nom de Necron. Et si la série ne s'appelle pas Frieda ce n'est pas un hasard. Necron n'est pas que la création, le garde du corps et l'objet sexuel de l'ignoble doctoresse, il est la superstar de la BD. Monstre maladroit et pathétique, c'est lui qui désamorce les aspects les plus malsains de la BD. Doté d'une bite d'artichaut quand il s'agit de sa créatrice, Nécron est continuellement contrarié dans ses élans par son appétit gigantesque. Et là, il s'agit bien d'un appétit à tous les sens du terme puisque cette grande andouille finit invariablement par manger tous ce qu'il b*i*e...

L'histoire en elle même ne présente pas un intérêt fou. Les différents épisodes, tous liés entre eux, ne sont que prétexte à un immense jeu de massacre dans lequel Magnus est toujours iconoclaste et moqueur. Tous le monde en prend pour son matricule, sans distinction aucune (heureusement me dire-vous !). Je ne vous fais volontairement pas la liste des références que Magnus s'amuse à démolir...vous aurez la surprise...

Graphiquement c'est superbe. La ligne claire de Magnus et les aplats de noir et blanc sont très beaux, souvent largement mis en valeur sur des pleines pages ou des moitiés de pages. 

Necron, en perpétuant une tradition bien italienne qui a connu son apogée dans les années 70, avec notamment son cinéma d'exploitation (le cinéma de série B à Z), nous offre une BD aussi provocante que réjouissante. En revanche, c'est quand même très trash, vous voilà donc prévenu...Mais sinon, c'est un vrai petit bijou !

Nercon - 7 volumes 
Aux Editions Cornelius - Collection Paul
2006 - 2010 

Publié dans BD

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