Magazine BD, faut'il continuer à payer ?

Publié le par mathurin4

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Depuis, feu, Bodoï, je ne m'étais pas payé un mag BD (hormis des Fluide pour le train). Je me contentais du Zoo gratuit et bien sûr du web. Et là, plus par curiosité que par conviction, je me suis payé un dBD (le 58 avec Manara en couv) et je dois vous avouer tout mon désarroi ! Pour presque 9 euros (pour ce prix là j'ai une BD d'occaz chez mon bouquiniste préféré, mais bref...) je ne m'y retrouve pas du tout...mais alors pas du tout ! Certes, le contenu est là (dossiers de fond, longues interviews), mais c'est à mon sens loin de justifier les 9 euros d'écart avec un Zoo par exemple.

Une lente agonie ?

Je ne remets pas en cause la qualité de dBD. La maquette est belle, le papier 15 fois plus épais qu'une feuille de PQ Lidl, les articles intéressants, les news nombreuses, les critiques pertinentes, la pub discrète et je suis bien persuadé que le prix du mensuel est justifié et que le rédac chef de dBD est rarement invité sur le yacht de Bolloré. En revanche je m'interroge vraiment sur le manière dont les mags payant peuvent à terme survivre à la concurrence (déloyale ?) des mags gratuits et du web. Davantage encore quand on connait la qualité et le professionnalisme d'un mag comme Zoo ou d'un site comme BD Gest. Qu'est-ce que un dBD peut vraiment offrir de plus et qui justifierait un investissement de 9 euros ? Moi, perso, je vois pas. Pire, dans 10 ans, comment ces courageux éditeurs rallieront-ils les digital native à leur cause ? Un combat perdu d'avance ? Sûrement...même si les reconversions sur le web sont encore d'actualité, à l'heure ou il devient difficile de lire gratuitement un article (complet) sur le site de Libé ou du Monde (ce qui est légitime je pense, si on veut continuer à lire des journalistes dans toute leur diversité) ! L'exemple de Bodoï est à mon sens une semi réussite...plus un rattrapage qu'un véritable projet web et éditorial ! Il y a forcément moyen de faire mieux...?

Je ne suis pas un spécialiste des nouveaux modèles économiques de la presse professionnelle. Je suis comme la majorité d'entre nous, spectateur et acteur bien involontaire de l'agonie lente mais inéluctable (?) du bon vieux papier chère à Gutenberg. A ce propos là, le paradoxe, chez moi en tout cas, vient du fait que je ne suis pas du tout près à vivre cette révolution avec la BD en elle même. Et pourtant on n'y échaperra pas... 

Loin de moi l'envie de polémiquer. J'ai connu, à l'époque ou je trainais beaucoup dans le milieu (très amateur) du jeu de société, (le moderne hein ! celui qu'on trouve sur Tric Trac...) d'interminables polémiques et débat à ce sujet. Il faut dire aussi que la piètre qualité des quelques mags payants qui existaient attisait le feu et donc les polémiques. La passion faisait le reste et il était rare d'avoir des discussions constructives et apaisés. Donc...pas de polémique pour ma part ! Un constat tout au plus...qui ne m'enchante d'ailleurs pas davantage que les ardents défenseurs du papier glacé. J'ai jamais réussi à jeter mes dizaines et mes dizaines de Rock & Folk et de Best...c'est vous dire !

Je reste cependant très friand des numéro spéciaux notamment ceux de Beaux Arts magazine et les best of annuels de dBD. Peut-être parce que le web n'arrive pas encore à s'affranchir de cette logique de l'actu et de l'immédiateté. La retro ou le "meilleur de" c'est encore dans les mags que je l'apprécie. Mais est-ce suffisant pour offrir un avenir à la presse papier spécialisé BD ? J'en doute...

Publié dans BD

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